BIO :: Un étrange « sentiment de profusion »…

Paul BarakaRien de bien étonnant à ce qu’à 20 ans, dans les années 90, Paul Baraka ne jure que par Dépêche Mode, The Cult ou Rush… Mais c’est surtout le chromatisme du compositeur autrichien Ligeti qui constitue sa première vraie révélation.
L’auteur des chefs-d’œuvre polyphoniques et harmoniques (dont le magnifique et étincelant Lux Æterna) a déjà rencontré la notoriété depuis bien longtemps lorsque Paul Baraka le découvre (la bande sonore du « 2001, L’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, œuvre de Ligeti, a largement contribué à la popularité du compositeur) mais pour la première fois sans doute, Baraka a enfin trouvé un point d’ancrage : le chromatisme de l’autrichien incarne au mieux ce « sentiment étrange de profusion » comme il le nomme lui-même lorsqu’on lui demande d’évoquer en deux mots la nature et l’origine de son inspiration.

Caractériser le style de Paul Baraka tient pourtant de la gageure.
Son univers échappe à toute définition réductrice : artiste mystique,  adepte du beat électro-industriel, « symphoniste » passionné de musique chorale, fils spirituel de Vangelis, Han Zimmer, Verdi et Carl Orff… Autant de formules qui rendent compte d’un talent multiple, entre chant choral revisité et atmosphère industrielle des grandes villes et de la modernité technologique.

Le passionné de sciences, d’astrophysique et de mondes parallèles qu’est Paul Baraka fait de la musique comme on résout des intégrales : si et seulement si.
En somme, si la musique est susceptible de produire du sens sans les ambiguïtés que charrie ordinairement le langage (amour, paix, religion, croyances : que faut-il mettre derrière ces mots-là ?), alors il est probable qu’elle se présente comme une alternative optimale, sinon idéale, au langage. Et tout le parcours de l’artiste n’est aussi et peut-être rien d’autre qu’une très grande entreprise de réconciliation : avec les autres, avec soi-même.

Paul Baraka réussit ce tour de force inouï de répondre - en musique - à cet univers consumériste de « culture désillusionnée et cynique » où tout vaut tout et tout s’annule sur le grand marché de la création. A cette grande beuverie médiatique, l’artiste oppose un chemin de simplicité, de paix et de retour sur soi dont témoigne magnifiquement l’une de ses plus récentes créations, la trame sonore du guide (Editions …) du Chemin de Compostelle.